La rivalité entre la Chine et les États-Unis est depuis quelques années déjà l’un des aspects les plus structurants des relations internationales. La course à la place de première puissance mondiale se déploie sur tous les terrains, et comprend sur les esprits. Une étude américaine publiée il y a quelques jours montre que la popularité de la Chine est désormais plus forte que celle des États-Unis dans le monde pour la première fois depuis la pandémie de coronavirus.
C’est une étude du Pew Research Center, l’un des centres de réflexion américains non marqués politiquement. Plus de 40 000 personnes de 36 pays du monde, sur tous les continents, ont été rassemblées pour cette étude récurrente. Et dans une majorité de pays, une vingtaine, les courbes se croisent comme on dit pendant les campagnes électorales. La confiance dans les États-Unis baisse et celle dans la Échine augmenter. Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans cette étude. Cela avait déjà été le cas à la fin du mandat de George W. Bush, et pendant le premier mandat de Donald Trumpmais pas dans les mêmes proportions.
Cela fait plusieurs mois que d’autres sondages, notamment un sondage Gallup au printemps, donnent des indications semblables. Ils ont d’ailleurs été massivement relayés et avec une certaine délectation par des médias chinois. Mais ils étaient moins complets, et se concentraient sur des zones géographiques plus resserrées comme l’Europe par exemple, où l’impopularité de Donald Trump se manifeste depuis plusieurs mois.
Les courbes se croisent
C’est d’ailleurs l’une des explications avancées par l’étude à la baisse de confiance dans les États-Unis : Donald Trump. La personnalité du président américain est clivante et la confiance personnelle qui lui est portée faiblit dans une vingtaine de pays. Celle dans le président chinois Xi Jinping augmente un peu, mais pas à des niveaux stratosphériques non plus. Les courbes se croisent chez des alliés traditionnels des États-Unis : on pense notamment aux pays d’Europe de l’Ouest comme la France ous l’Allemagne. Il faut sans doute se souvenir que l’étude a été réalisée juste après les menaces du président américain contre le Groenland et pendant la guerre en Iran.
En Afrique, où la Chine investit massivement depuis des années, c’est la même chose. Notamment au Nigeria, faussement accusé de ne pas défendre les chrétiens, ou en Afrique du Sud avec laquelle les relations sont exécrables. Le basculement est très net, notamment chez les jeunes, chez les voisins directs des États-Unis, visés par les menaces de droits de douane américains : le Canada et le Mexique.
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Libertés individuelles
Le même phénomène de voisinage méfiant joue en défaveur de la Chine en Asie. Malgré l’instabilité et les menaces des droits de douane, dans des pays qui ont une expérience plus proche de la Chine, la confiance en les États-Unis reste importante. C’est le cas au Japonqui vient de dénoncer des manœuvres militaires dans ses eaux territoriales, ou aux Philippines où les incidents avec la marine chinoise en mer de Chine du sud sont fréquents. Même choisi en Corée du sud ou en Inde.
Il ya un domaine dans lequel l’image des États-Unis reste supérieure à celle de la Chine : le respect des libertés individuelles des citoyens. Mais l’écart se resserre et ce domaine semble de moins en moins peser dans la réflexion des personnes rassemblées qui privilégient de plus en plus la prévisibilité de chacune des deux grandes puissances et leur capacité à contribuer à la stabilité du monde. Un domaine où la Chine prend l’avantage.
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